12.05.2008

Chez Desouche

Ici

Il y a les morts qui claudiquent, les morts qui éructent, les morts qui convulsent.

Il faut être honnête : les gauchistes sont l'avant-garde des morts. Ils sont devenus physiologiquement incapables de réagir aux idées qui viennent de l'extérieur. Imperméables. Autistes. L'auto-enfermement idéologique des antifascismes oniriques, poussé à son comble. Un 21 avril permanent. Comme s'ils s'étaient eux-mêmes hypnotisés pour ne jamais être obligés à penser par un réel un peu trop rétif à la magie des incantations républicaines.

Le pire, c'est que la doxa gauchiste sur les sans-papiers a déjà 120% du temps d'antenne. Et ils ont quand-même besoin d'envahir un plateau pour lire leur motion d'assemblée générale. Ils sont le discours facile, mais la critique courte. L'énoncé coule tranquilement dans le lit des lieux communs. C'est la Citoyenne Académy©. Chacun a le droit à 5 min pour prouver qu'il est plus Gentil, Tolérant, Repentant et Ouvert à la Diversitude métissée que son voisin. Le star-système de la défaite de la pensée.

Où allons-nous?

Avec une gauche comme ça, arqueboutée sur sa pétition trempée de larmes de crocodiles, on peut être sûr que Sarkozy restera 15 ans.

La vraie question est : quand le populo cessera t il de zapper entre Scylla et Charybde à chaque scrutin? Quand comprendra-t-il qu'entre la réforme et la réforme, entre la gauche bobo et la gauche Morano, le seul choix acceptable, c'est peut-être de tout détruire?

Dixit le Grand Charles

A propos de Nadine Morano :

"L’UMP jouissait de la rente de la droite à peu près préférable à la gauche, maintenant tout cela est clairement fini."

Dont acte. La droite est même plus nocive que la gauche, puisque les gens détestent, quand ça vient de la gauche, la substitution un peu trop visible du social par le sociétal. Venant de la droite, les gens ne se méfient pas...

La droite républicaine? Ils te serrent la main avec la dexte, mais te poignardent dans le dos avec la senestre... 

11.05.2008

Le bréviaire du progressisme

Beau moment de télé, Zemmour vs Morano.

Morano représente la droite. Et dans sa bouche, c'est la litanie classique de la gauche :

1) le sentimentalisme qui remplace la raison et la dialectique

2) la pensée qui ignore les frontières (ce qui est légalisé en Belgique doit l'être en France parce que les gens franchissent les frontières pour contourner la loi - ou comment transformer les inciviques en victimes...)

3) la transparence en permanence, le mot "hypocrisie" qui sert à stigmatiser tout ce qui reste de cellules viables dans l'organisme mort des sociétés occidentales (le secret, la filiation, l'asymétrie des relations humaines...)

Nadine Morano est "la figure contemporaine de la mort qui enfin vit une vie humaine". Une citoyenne© de l'après-Histoire. Une Morte parmi les morts. Pour être exact : la poissonière de la cité des Morts. Car c'est bien ça, son franc-parler et son courage. Des bavardages de commère, des calculs de poissonnière zolienne. On dirait Lisa Quenu du Ventre de Paris (qui était charcutière, mais passons).

Avec ça, on comprend pourquoi la droite nage. Parce qu'elle est ni de gauche ni de gauche. Elle a les tics, les obsessions, la logorrhée de la gauche. La même envie de plaire aux imbéciles et aux approuveurs professionnels. La même manie d'appliquer des cataplasmes sociétaux (=les prises de position faciles qui vont dans le sens du vent, sur l'adoption par les homos et autres fantasmes philonéistes*) sur l'ulcère de son vide doctrinnal.

Le sarkozysme, c'est la droite de gauche qui fait regretter Chirac et qui fait désirer Royal.

Le sarkozysme c'est la droite des morts. Des morts qui croient vivre, des morts qui croient que l'Histoire continue alors qu'elle cesse.

Quand je vois cette ministresse ridicule, nommée pour donner des gages aux assos de cathos et qui au final a des idées bien plus térébrantes que les socialistes, je me dis que cette époque est vraiment la dernière. La monde s'arrêtera réellement quand les gens auront perdu jusqu'aux mots pour exprimer ce qu'ils ont perdu. Avec Morano, on en est presque là. L'anomie se fait passer pour l'ordre. L'incivisme se fait appeller tolérance. Le laisser-aller se fait appeller progrès.

La décadence se fait appeller volonté.

Ce coup-ci, la France ne verra plus le soleil du sens se lever et se rappeller à elle. On a touché le fond... 

 

 

* ces prises de position (pro-IVG, pro-mariage gay, etc.) sont toujours infiniment plus faciles que celles qui s'y opposent, parce qu'elles vont dans le sens de l'individu. Sous-entendu : de l'individu heureux et satisfait de ce qu'il est et n'exigeant rien de plus, rien de moins. Il s'agit de nier à toute société, à tout Etat, à toute religion d'imposer des idéaux à l'individu pour des raisons qui dépassent sa propre vie, son propre contexte. C'est la fameuse anomie dont je parle sans cesse. Nadine Morano ne veut pas une loi qui régule l'euthanasie : elle veut une "commission d'exception d'euthanasie". L'homme post-moderne ne veut plus de lois, plus de règles, plus rien. Il veut jouir librement, ne jamais faire violence aux déterminations qui pèsent sur lui (penchants sexuels, pulsions). Et il veut le maintien de la fonction policière de l'Etat pour mettre hors d'état de nuire les gâcheurs de fêtes et autres ruineurs de plaisirs. Bref, le monde anomique qui naît sous nos yeux est absolument libéral et libertaire, mais le concept même de Liberté n'y a aucun sens puisque la notion de contrainte et de moralité n'y existe plus. Quand tout se vaut, quand tout est permis, puisque rien ne différencie une IVG au 8ème mois d'une partie de poker, la question de la liberté ne se pose même pas. Puisque la question "que faire?" n'a plus aucun sens (rappel historique : la morale est la réponse à la question philosophique "que faire?" - un monde peut se passer de morale et de lois quand il ne se pose même plus de questions...). L'homme post-moderne y a trouvé une réponse absolue : Rien. Dans le monde qui va naître, l'être humain est enfin facultatif.